Réalisées avec un souci historique du détail par notre ami Arnaud. Voici le travail nécessaire à la réalisation d’une de ces pièces :

 

Le Morane-Saulnier 406

 

A la demande de notre Président, qui connaissait mon lourd passif de modéliste, j’ai réalisé pour les Ailes Historiques du Rhin la maquette Azur au 1/32ème du Morane-Saulnier 406, avion emblématique de la campagne de France de 1940, pour qu’elle soit exposée dans notre salle d’exposition dans le musée Jost de la Base aérienne 901 de Drachenbronn.

Pour cadrer encore plus avec la vocation de présentation du patrimoine historique et local des Ailes, nous avons décidé de réaliser l’appareil du Capitaine Robert Williame, qui participa avec cet appareil  à un combat contre un bombardier Dornier Do-17 entre Saverne et Benfeld le 2 avril 1940.

Pour la petite histoire, rappelons que Williame écrivit aussi l’un des plus beaux faits d’armes de toute la Deuxième Guerre mondiale, également sur MS-406 en remportant 6 victoires confirmées en une seule journée, le 8 juin 1940 (3 chasseurs Bf.109 et 3 Ju-87 Stuka) !

Je me suis facilement procuré une planche de décalques comprenant la décoration du MS 406 de Williame du combat au-dessus de Saverne. Mais cela a été une autre histoire pour la maquette du MS 406. Pour faire court, je l’ai eue dans les mains 23 jours avant sa date de livraison, le 16 septembre 2012, pour la Journée du Patrimoine sur la BA 901 En temps normal, le montage d’une maquette de ce type nécessite deux ou trois mois de travail… Un beau défi à relever !

La maquette se compose de pièces en plastique gris, agréables à travailler, mais qui nécessitent une bonne préparation et de très nombreux assemblages à blanc pour ne pas avoir de mauvaises surprises lors du collage. Il y a aussi de la résine pour les pièces très fines et une petite planche de métal photodécoupe pour les détails les plus infimes (viseurs, palonniers, etc.).La préparation des pièces progresse sans problème, le tout étant d’anticiper les montages futurs et les éventuels problèmes ; c’est ce qui fait dire que cette maquette n’est pas faite pour les débutants.

La réalisation du poste de pilotage, de sa structure tubulaire très bien rendue, des instruments de bord, du siège et le rattrapage d’une erreur au niveau de la planche de bord demandera beaucoup de temps, car tout sera très visible une fois la maquette terminée. J’ai en effet décidé de laisser la verrière coulissante ouverte. Une fois terminé, je souligne les détails par un brossage à sec des arêtes et l’infiltration de peinture sombre très diluée dans les creux pour donner artificiellement du relief.

On optimisera le temps de travail en travaillant sur d’autres sous-ensembles de la maquette (trains d’atterrissage, roues, hélice et son mécanisme de changement de pas). On mettra aussi l’avion en croix (réunion des deux demi-fuselages et des ailes), ce qui nécessitera un masticage puis un ponçage conséquents afin d’avoir un fini de surface satisfaisant.

Là encore, l’expérience permettra de gagner du temps et de ne pas commettre d’erreurs de montage. Arrive le grand moment de la mise en peinture de l’appareil, après masquage des parties vitrées. Tout d’abord, préparer la maquette à la peinture : en effet, elle est faite de différents matériaux : plastique gris, résine jaunâtre, photodécoupe métallique, sans oublier le mastic. Il faut unifier tout ceci avec un primer gris.

Toujours en jouant sur le trompe l’œil, je souligne les lignes de structure de la maquette par de noir. En appliquant ensuite le camouflage par fines couches, le noir transparaîtra un peu et donnera une impression de relief. Le camouflage « 3-tons » des appareils français de 1940 est très seyant, mais dur à réaliser : il n’y a pas de teintes « maquette » exactes, il faut faire des mélanges, les bords ne sont pas francs, ils sont en léger dégradé, et il n’y a pas de schéma précis pour un type d‘appareil. La quête de photos de l’appareil réel se révèle alors essentielle pour coller au mieux à la réalité historique. Sa bibliothèque aéronautique personnelle et Internet sont d’un très grand secours.

On applique d’abord la couleur gris bleu clair de l’intrados et on la masque après séchage complet pour la protéger. Vient alors le gris bleu, le vert armée et enfin le brun « ombre calcinée » des surfaces supérieures, réalisées à main levée. On éclaircit le centre des panneaux avec la même teinte, légèrement éclaircie de blanc pour donner là-encore du relief. Le tout une fois sec, on applique une couche de vernis brillant sur tout l’appareil, pour préparer et faciliter la pose des décalques, qui adhéreront mieux. Ces derniers se posent sans le moindre problème, en faisant cependant attention au drapeau de dérive, qui nécessitera quelques retouches.

Pour accentuer encore l’effet de profondeur du camouflage, j’infiltre de la peinture sombre très diluée dans les creux et j’enlève le surplus avec du diluant dans le sens du vent relatif. Le temps de séchage réglementaire et j’unifie le tout avec une couche de vernis mat. C’est à ce moment précis que le camouflage apparaît dans toute sa profondeur et sa splendeur et que la maquette cesse d’être un jouet et devient une reproduction à échelle réduite.

Ne reste plus qu’à fixer tous les sous-ensembles et éléments que l’on a soigneusement préparés lors des temps de séchage : trains d’atterrissage, roues, hélice, tube de Pitot, verrière, mitrailleuses, viseur, antennes…, mais aussi pour une ultime touche de réalisme, à appliquer les traces d’utilisation opérationnelle sur l’avion (on parle en modélisme de « vieillissement ») : écailles alu pour simuler les morceaux de peinture enlevés à des endroits logiques (accès au poste de pilotage, pourtour des panneaux amovibles, etc.), traces d’échappements du moteur, suie des canons des mitrailleuses, traces de terre sur les roues, fuites diverses.

Voilà, le MS 406 est prêt pour sa vitrine d’exposition, nous sommes à 22h 30 de la Journée Patrimoine sur la BA 901…

Depuis la fermeture du musée Jost de la BA 901, cette maquette est présentée dans l'espace muséographique de notre hangar Costes & Bellonte.