Projet Dewoitine D520

L'association a récupéré en 2012 une réplique de Dewoitine D520, célèbre chasseur français de la Seconde guerre mondiale. Il n'existe actuellement que trois exemplaires authentiques de cette machine, tous se trouvant en France, mais aucun n'est en état de vol, et nombreux sont les passionnés qui aimeraient voir une réplique de cet avion mythique voler. 

 

C'est sans doute ce qui a motivé un constructeur amateur du Sud de la France à se lancer au début des annés 2000 dans la réalisation d'une réplique à l'échelle 1 de cet avion. Hélas, faute d'une conception structurelle suffisante, de sérieuses lacunes dans la conduite de cette entreprise d'envergure et d'un choix de motorisation particulier, basé sur une turbine Walter, l'appareil fabriqué au prix de plusieurs milliers d'heures de vol n'a jamais pu prendre l'air... et ne le prendra jamais. 

 

Cela étant, cette réplique a pu être préservée pendant une dizaine d'années dans d'assez bonnes conditions de conservation, et c'est notre président de l'époque, Eric Janssonne, qui s'est vu proposer rien de moins que de prendre en charge cette imposante machine pour la rapatrier en Alsace et la mettre en valeur dans une présentation statique évocatrice et intéressante. 

Après l'aventure du rapatriement, dont le côté picaresque serait plaisant à évoquer ici mais nous prendrait trop de temps, voici venu le temps de mettre le projet initial à exécution, à savoir remettre la machine en croix, la décorer d'une livrée ayant une signification historique et la présenter au public et aux amateurs qui nous rendront visite.  

La livrée choisie, celle du D.520 piloté par le sergent Robert Killy en 1940

On trouvera dans les articles qui suivent quelques moments forts ou intéressants de cette entreprise, et pour plus de renseignements, eh bien il faudra nous contacter et nous rendre visite, par exemple à l'occasion des Journées du Patrimoine organisées traditionnellement au mois de septembre. 

Scan 3D de l'hélice au Lycée Couffignal

Au mois de mars 2017, une petite équipe (Joël, Laurent et Henri) s’est rendue au Lycée Couffignal dans les bâtiments des techniques industrielles et sciences de l'ingénieur pour réaliser la numérisation 3D d'une hélice Ratier de MD 312 que nous a prêtée une association amie qui exploite cette belle bête qu'est le Flamant.  

Au Lycée, les professeurs Jean-Yves, Alain, Virgile et Gaël nous accueillent très gentiment pour réaliser cette numérisation dont le résultat sera un fichier exploitable à l’aide d’un centre d’usinage pour fabriquer les trois pales d’hélice. A noter que le fait de procéder par numérisation puis usinage va nous permettre de corriger le diamètre de l’hélice : en effet, le diamètre de la Ratier du Flamant est de 2,70m tandis que celui de l'hélice du D520 est de 3,00m. Nous pourrons donc réaliser une homothétie qui nous amènera au bon diamètre. La génération de pale et les profils étant très voisins, nous ne serons vraiment pas loin de la « vraie » Ratier du D520. Cette homothétie aurait été bien difficile à réaliser avec un réglet et un rabot…

Pour la numérisation, on pose simplement l‘hélice verticalement sur le marbre, la procédure de balayage ne nécessitant aucun contact avec la pale. Virgile nous explique que la tête de ce petit bijou de scanner va enregistrer 50.000 points par seconde, les filtrer pour ne retenir que les meilleurs, et que petit à petit, en promenant la tête au-dessus de la pale comme on le ferait avec un pistolet à peinture, on va obtenir un nuage de points matérialisant la peau de la pale. Notre objet de 1,30m est plutôt grand par rapport aux pièces généralement travaillées ici et il va sans dire que le nuage de points obtenu sera plutôt conséquent, disons quelques petites centaines de Mo.

Nos pales d’hélice étant simplement destinées à un usage « décoratif », nous pourrons ensuite les faire usiner dans un bloc de bois reconstitué à l’aide d’une machine 5 axes ou encore d’un usinage par strates (strato-conception). Bien sûr, le lycée dispose également des machines magiques nécessaires… Mais que ne savent-ils pas faire là-bas ?

 

Avant de passer à cette étape décisive, que nous ne manquerons pas de relater ici, il faudra d’abord que Virgile travaille le nuage de points brut pour en faire un fichier propre, lissé, directement utilisable par la machine.

On croit comprendre que cette affaire pourrait bien alimenter quelques travaux dirigés pour ses élèves…

Mille mercis au quatuor Alain, Gaël, Virgile et Jean-Yves pour leur accueil !

Les membres de l'association se retrouvent de temps à autre, en fonction des disponibilités des uns et des autres, au hangar à Entzheim pour travailler sur le projet. vous pouvez suivre l'évolution du travail ICI.

 

Il s'agit de procéder d'abord à divers petits travaux de remise en état du fuselage et des ailes, d'ouvrir le train et de pouvoir le maintenir bloqué en position ouvert, afin d'assurer la sécurité de l'engin après mise en croix, de réaliser une hélice factice et une roulette de queue, manquantes pour le moment, et de travailler les surfaces pour y appliquer l'apprêt puis la nouvelle peinture. 

 

Autant d'occasions pour les membres de se retrouver au hangar pour se retrousser les manches...